{"id":4221,"date":"2024-06-03T06:00:00","date_gmt":"2024-06-03T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/highfrequency.tv\/?p=4221"},"modified":"2024-05-31T17:16:30","modified_gmt":"2024-05-31T17:16:30","slug":"tout-le-monde-aime-touda-promeut-la-musique-aita-dans-le-monde-entier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/highfrequency.tv\/?p=4221&lang=fr","title":{"rendered":"&#8220;Tout le monde aime Touda&#8221; promeut la musique Aita dans le monde entier"},"content":{"rendered":"\n<p>Le critique et journaliste Bilal Marmid discute du dernier film de Nabil Ayouch, &#8220;Tout le monde aime Touda&#8221;, dans lequel il recr\u00e9e l&#8217;histoire de l&#8217;art Aita marocain \u00e0 travers le voyage d&#8217;une Cheikha.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Dans un domaine comme le cin\u00e9ma, \u00eatre cr\u00e9atif ne suffit pas ; de nos jours, il est essentiel de savoir comment r\u00e9aliser un film et, plus important encore, comment le vendre. Il est difficile d&#8217;accepter que vous \u00eates un artiste assidu lorsque seules les personnes proches de vous regardent votre film, avec des applaudissements uniquement de votre m\u00e8re, de votre femme et de quelques amis. Nabil Ayouch r\u00e9alise des films et les vend sur les meilleurs march\u00e9s, afin que ceux qui fa\u00e7onnent le cin\u00e9ma mondial puissent les voir. Ce d\u00e9tail remarquable forme la base de la discussion de son nouvel ouvrage, &#8216;Tout le monde aime Touda.'&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Le film, qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re au Th\u00e9\u00e2tre Debussy, s&#8217;ouvre sur une sc\u00e8ne o\u00f9 une foule de villageois entoure Touda, jou\u00e9e par Nisrin Erradi, qui s&#8217;efforce de m\u00e9riter le titre de &#8220;Cheikha&#8221; dans la musique Aita. Cette introduction plonge Touda dans le monde de l&#8217;Aita, se terminant par sa fuite lors de la c\u00e9r\u00e9monie, poursuivie par des hommes qui voient une Cheikha comme un corps destin\u00e9 \u00e0 satisfaire leurs d\u00e9sirs apr\u00e8s chaque c\u00e9l\u00e9bration. Touda est agress\u00e9e, gu\u00e9rit ses plaies, et retourne chez elle aupr\u00e8s de son fils \u00e0 besoins sp\u00e9ciaux qui attend son retour chaque nuit, ou plut\u00f4t, aux petites heures de chaque matin. Il est sa motivation pour continuer son voyage et se battre pour gagner leur pain quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Nisrin Erradi prouve une fois de plus qu&#8217;elle est l&#8217;une de nos meilleures actrices, surtout parce que Touda repr\u00e9sente le film, et le film repr\u00e9sente Touda.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayouch met la musique Aita au premier plan du film, mais pas sous un jour flatteur. Elle sert de toile de fond contre laquelle Touda combat son environnement : les dangers de la vie nocturne, une forme d&#8217;art sous-\u00e9valu\u00e9e, et le poids physique et psychologique qu&#8217;elle exige d&#8217;elle. Malgr\u00e9 cela, Touda reste d\u00e9termin\u00e9e, pouss\u00e9e par son d\u00e9sir de prouver son talent artistique et de prendre soin de l&#8217;\u00e9ducation de son fils Yassine, dans des \u00e9coles souvent d\u00e9pourvues de ressources pour les enfants \u00e0 besoins sp\u00e9ciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Nisrin Erradi, accompagn\u00e9e de noms notables tels que Jalila Talemsi, Abdalhak Belmjahed, et Amine Ennaji, dirige le film, qui tourne autour de sa vie quotidienne mis\u00e9rable. Le film atteint son apog\u00e9e dans une s\u00e9quence, durant plusieurs minutes, o\u00f9 elle est vue prenant un ascenseur pour un \u00e9tage sup\u00e9rieur, se produisant lors d&#8217;un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 Casablanca, puis partant avec des larmes m\u00eal\u00e9es \u00e0 un sourire. Tous ses r\u00eaves de devenir une artiste de premier plan dans ce genre sont enterr\u00e9s par de nombreuses exp\u00e9riences. Bien que la musique Aita soit c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans nos m\u00e9dias, la situation des artistes Aita est mis\u00e9rable, et Touda incarne cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le film, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de musique, de chant et de danse, le spectateur trouve \u00e0 peine un rythme jusqu&#8217;\u00e0 la derni\u00e8re partie. La cam\u00e9ra zoome souvent sur les visages car les expressions en disent long &#8211; les faux sourires et la joie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re laissent rapidement place \u00e0 une tristesse p\u00e9n\u00e9trante. Cette dualit\u00e9 est pr\u00e9sente dans les deux parties du film : la premi\u00e8re partie, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation d&#8217;un segment de la vie quotidienne de Touda, et la deuxi\u00e8me partie, o\u00f9 la protagoniste entreprend un voyage pour se prouver \u00e0 Casablanca.<\/p>\n\n\n\n<p>Touda fait face \u00e0 l&#8217;opposition dans sa relation avec son fr\u00e8re, qui d\u00e9sapprouve sa situation, et \u00e0 des conflits avec les visiteurs de clubs, les propri\u00e9taires de clubs et les coll\u00e8gues, dont les relations comp\u00e9titives initiales se transforment en hostilit\u00e9, la for\u00e7ant \u00e0 chercher de nouveaux endroits pour montrer son talent.<\/p>\n\n\n\n<p>Touda s&#8217;efforce d&#8217;apprendre, de ma\u00eetriser l&#8217;art de l&#8217;Aita, et de gagner en reconnaissance ; elle veut m\u00e9riter le titre de &#8220;Cheikha&#8221; dans un genre qui a commenc\u00e9 avec les cris de r\u00e9sistance qui tranchaient les montagnes, combattant l&#8217;occupant, et est devenu juste des cris de douleur log\u00e9s dans des cabarets et, au mieux, quelques f\u00eates priv\u00e9es et mariages.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie de Touda est une trag\u00e9die, bien que beaucoup pr\u00e9tendent l&#8217;aimer de mani\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Dans ce film, Nabil Ayouch passe de la mise en lumi\u00e8re de diff\u00e9rents acteurs dans ses \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e0 la confiance du r\u00f4le principal \u00e0 Nisrin Erradi, qui d\u00e9montre \u00e0 nouveau sa capacit\u00e9 \u00e0 diversifier sa performance dans la m\u00eame sc\u00e8ne et dans chaque sc\u00e8ne du film.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9alisateur a-t-il r\u00e9ussi \u00e0 transmettre des \u00e9motions sinc\u00e8res au public ? C&#8217;est difficile \u00e0 dire, et il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire que tous les spectateurs soient d&#8217;accord. Ce qui est important pour moi, c&#8217;est qu&#8217;il a explor\u00e9 la musique Aita, tir\u00e9 des conclusions, et les a transmises \u00e0 travers un film qui sera largement vu une fois qu&#8217;il atteindra les cin\u00e9mas. Comme je l&#8217;ai dit dans les premi\u00e8res lignes, dans le cin\u00e9ma, ce n&#8217;est pas suffisant d&#8217;\u00eatre cr\u00e9atif ; vous devez savoir comment r\u00e9aliser et vendre un film.<\/p>\n\n\n\n<p>Nabil Ayouch est retourn\u00e9 au Festival de Cannes et a pr\u00e9sent\u00e9 la premi\u00e8re mondiale dans la cat\u00e9gorie &#8220;Cannes Premi\u00e8re&#8221;. Maintenant, le voyage de Touda \u00e0 travers les festivals internationaux commence, pour \u00eatre vu par les cin\u00e9philes du monde entier. Certains applaudiront, d&#8217;autres critiqueront, certains accueilleront et d&#8217;autres attaqueront, r\u00e9duisant le film \u00e0 deux sc\u00e8nes consid\u00e9r\u00e9es comme audacieuses ou t\u00e9m\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi, un point crucial est que Nabil Ayouch sait comment travailler dans le cin\u00e9ma ; il r\u00e9alise des films dans son style unique, les pr\u00e9sente et les promeut. F\u00e9licitations \u00e0 lui et \u00e0 Nisrin Erradi pour sa excellente performance, et bonne chance \u00e0 tous les r\u00e9alisateurs marocains qui s&#8217;efforcent de r\u00e9aliser des films qui d\u00e9passent nos fronti\u00e8res. Nous avons besoin que notre cin\u00e9ma voyage et entende son \u00e9cho en retour, pas seulement faire des films pour les Marocains. Nabil Ayouch nous invite \u00e0 aimer Touda, et personnellement, j&#8217;aime la musique Aita et suis content de Touda et de son interpr\u00e9tation par Nisrin Erradi. Quant aux autres d\u00e9tails, ils n\u00e9cessitent une conversation plus longue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>HESPRESS ENGLISH<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le critique et journaliste Bilal Marmid discute du dernier film de Nabil Ayouch, &#8220;Tout le monde aime Touda&#8221;, dans lequel il recr\u00e9e l&#8217;histoire de l&#8217;art Aita marocain \u00e0 travers le voyage d&#8217;une Cheikha. &#8220;Dans un domaine comme le cin\u00e9ma, \u00eatre cr\u00e9atif ne suffit pas ; de nos jours, il est essentiel de savoir comment r\u00e9aliser [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4195,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[112],"tags":[],"series":[],"class_list":["post-4221","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divertissement"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4221\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4221"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/highfrequency.tv\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fseries&post=4221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}